La terre en verre

Publié le par Ming WANG

Parfois, j’aimerais que la terre soit faite de verre, pour que je puisse te voir à travers.

Mais à la place, je ne vois rien et je marche sur du béton, même pas luisant. Et mon téléphone, opaque comme du roche, ne reflète nul autre que moi-même, sans parvenir à susciter en moi, la moindre morceau de sève, de sève de vie.

Au travers des trottoirs, je ne rencontre que des gens moyens et pâteux, si semblables à des repas congelés que je les vomirais sans remords ; ils sont glaciaux et de mauvais goûts, n’ont rien à m’apprendre et ne m’émerveillent que lorsque je dois les moquer ; de surcroît, ils sont encouffinés dans du plastique utilitaire. Comme cela peut les rendre inutiles.

Et lorsque ce ne sont pas eux sur les trottoirs, je croise des concombres organiques, qui me sourient comme tout indiqué, dans leur livre de bien-être organisé, qu’ils ont acheté à la poste, récemment.

La nature s’oublie elle-même : les concombres fermiers et le pizza surgelées se ressemblent ; aucun des deux ne comprend ma souffrance et aucun des deux n’a d’yeux ; encore moins d’oreille ; tous disent : "il ne fait pas beau, car le ciel n'est pas bleu".

La vie est si calme sur les trottoirs d'ici ; nous ne méritons que de nous faire envahir par des clandestins, qui de leur mains raserait nos domiciles cossus, impropres à la vie, impropres à la grandeur, à la décadence, impropres surtout à nous rendre mendiant ou billiionaire.

Et toi qui me dis que tu passes la pire année de ta vie.

Je n’y crois pas.

Mais voilà, la terre n’est pas faite de verre.

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